Neuroatypie, neurodiversité, neurodivergence : comprendre les neuroatypies
- Natalie Goldstein
- 13 janv.
- 3 min de lecture
Les termes neuroatypie, neurodiversité et neurodivergence sont de plus en plus présents dans les médias, à l’école, au travail et dans le champ de la santé.
Mais que signifient-ils réellement ?
À qui s’adressent-ils ?
Et pourquoi sont-ils essentiels pour mieux comprendre certains fonctionnements cognitifs et émotionnels ?
Qu’est-ce que la neuroatypie ?
La neuroatypie désigne les personnes dont le fonctionnement cérébral diffère de celui de la majorité, dite neurotypique.
Il s’agit d’un terme non médical, utilisé pour décrire une diversité naturelle des fonctionnements neurologiques.
Une personne neuroatypique :
• naît avec ce fonctionnement,
• vit avec toute sa vie,
• ne souffre pas d’une maladie,
• présente à la fois des forces spécifiques et des difficultés particulières.
Neurodiversité et neurodivergence : quelle différence ?
Le concept de neurodiversité a été introduit en 1998 par Judy Singer, sociologue australienne.
Il repose sur une idée clé :
👉 les différences neurologiques font partie de la diversité humaine.
• Neurodiversité : concept global qui désigne la variété des fonctionnements neurologiques.
• Neurodivergent / neuroatypique : personne dont le fonctionnement diffère de la norme majoritaire.
Ces termes permettent d’éviter les notions de normal et anormal, aujourd’hui largement remises en question.
Les Troubles du Neurodéveloppement (TND)
Dans le champ médical, la neuroatypie recouvre en grande partie les Troubles du NeuroDéveloppement (TND).
Les TND sont définis comme des troubles liés à un développement atypique de certaines compétences cognitives, avec un impact significatif sur la vie scolaire, sociale, familiale ou professionnelle.
Principaux TND reconnus
• Troubles du spectre de l’autisme (TSA)
• TDA/H : trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité
• Troubles DYS : dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, dysorthographie…
• Troubles du développement intellectuel (TDI)
Il est fréquent qu’une même personne présente plusieurs TND associés.
Comorbidités et particularités associées
Les personnes neuroatypiques peuvent également présenter :
• des hypersensibilités ou hyposensibilités sensorielles,
• des déficits sensoriels (surdité, basse vision…),
• des troubles associés :
troubles du sommeil, troubles alimentaires, anxiété, dépression, épilepsie, etc.
Chaque profil est unique.
Neuroatypie et handicap invisible
Les TND sont reconnus comme des handicaps, majoritairement invisibles
(environ 80 % des handicaps le sont).
Certaines personnes choisissent d’engager des démarches de reconnaissance administrative, d’autres non.
Le vécu du handicap est personnel, subjectif et évolutif.
L’importance du diagnostic ou du repérage
Identifier une neuroatypie permet :
• une meilleure compréhension de soi,
• l’adaptation de l’environnement,
• l’accès à des aménagements et aides,
• un accompagnement par des professionnels formés,
• un sentiment de légitimité et de reconnaissance.
Neuroatypie, haute sensibilité et HPI
Certains professionnels incluent également :
• la haute sensibilité,
• le haut potentiel intellectuel (HPI)
dans le champ de la neuroatypie, car ces profils présentent eux aussi :
• un fonctionnement cérébral différent,
• inné et durable.
👉 La haute sensibilité et le HPI ne sont ni des diagnostics, ni des handicaps, mais peuvent fortement influencer le rapport au monde, aux émotions et aux relations.
Comment accompagner une personne neuroatypique ?
Voici quelques principes essentiels :
Écouter sans minimiser
Les personnes neuroatypiques peuvent se sentir incomprises ou invisibilisées.
Adapter la communication
Certaines préfèrent l’écrit, d’autres l’oral.
Les besoins peuvent varier selon la fatigue ou le contexte.
Éviter les étiquettes de valeur
Les termes « haut fonctionnement » et « bas fonctionnement » sont de plus en plus déconseillés.
Ne pas généraliser
Deux personnes avec le même diagnostic peuvent avoir des vécus totalement différents.
Respecter la personne
La différence n’est ni une faiblesse, ni une supériorité.
Phrases aidantes
• « Comment puis-je t’aider ? »
• « Quel mode de communication préfères-tu ? »
• « As-tu besoin que je te laisse tranquille ? »
• « Souhaites-tu des supports visuels ? »
Phrases à éviter
• « On est tous un peu autistes »
• « Ça ne se voit pas »
• « Moi aussi j’oublie tout, tout le temps »
Ressources pour mieux comprendre les neuroatypies
Sites de référence
• GNCra : https://gncra.fr/
• Maison de l’Autisme : https://maisondelautisme.gouv.fr/
• High Sensitivity – Elaine Aron : https://hsperson.com
Livres
• La différence invisible – Julie Dachez
• L’autisme chez l’enfant – Myriam Bost
• L’autisme au féminin – Adeline Lacroix
• Femme atypique – Élodie Crépel
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En résumé
La neuroatypie n’est ni une mode, ni une pathologie.
C’est une autre manière de fonctionner, de percevoir et d’interagir avec le monde.
Comprendre les neuroatypies, c’est faire un pas de plus vers une société plus inclusive, respectueuse et humaine.


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